Ménopause espérance de vie et évolution

La ménopause est un état fréquent et un réel souci de santé publique puisqu’elle concerne aujourd’hui plus de 8 millions de françaises.Face à une demande accrue de leurs patientes face à l’inconfort esthétique et physique qu’elle engendre les médecins sont souvent désarmés et évoquent bien souvent à tort la composante psychologique de la ménopause pour éviter des solutions thérapeutiques parfois mal maîtrisées et non dénuées de danger.Mais pourquoi constate-t’on une telle incidence de la ménopause chez les femmes de nos jours ?
Serait-elle mécaniquement une simple conséquence de l’augmentation de l’espérance de ces dernières ?

La ménopause serait liée à l’augmentation de l’espérance de vie

La réponse est assurément positive si l’on prend en référence l’évolution de l’âge moyen et de l’espérance de vie des femmes au cours des siécles passés. La ménopause, qui se définit comme un épuisement du capital de follicules ovariens disponibles et par conséquent comme un arrêt de l’ovulation, ne peut survenir physiologiquement qu’à partir d’un certain âge, habituellement entre 40 et 50 ans, âge correspondant au délai nécessaire de « consommation » de tous les follicules ovariens initialement disponibles. Or, une telle espérance de vie ne se rencontre de manière régulière dans l’espèce humaine que depuis un peu plus d’un siècle.
Il est donc normal que les récits historiques et les médecins n’aient jusque là pas accordé une importance particulière à une manifestation qui n’était à priori que marginale au sein de la société.

L’absence de ménopause dans le monde animal contredit cette hypothèse

Mais voilà, nos amis les animaux mettent à mal cette hypothèse d’une conséquence normale du vieillissement.
Au sein des différentes espèces de mammifères, y compris chez les primates, la ménopause n’existe pas en tant que telle et une longévité exceptionnelle ne se traduit que par une baisse ou une disparition de la fertilité d’origine hormonale ou fonctionnelle mais pas d’un épuisement du capital en follicules. Certes, peu d’espèces de mammifères présentent une sepérance de vie comparable à celle des humains mais des études menées chez les éléphantes ou les tortues révèlent que leurs ovaires demeurent fonctionnels après 60 ou 70 ans d’âge.
Seule une espèce de baleine globicéphale constitue une exception et présente une véritable ménopause.

La femme demeure donc une exception qui ne doit rien au hasard

Or la séparation évolutive par rapport aux mammifères marins date de plus de 50 millions d’années alors que la bifurcation par rapport au primates est 10 fois plus récente, donc la femme n’a pas pu hériter de ce caractère à partir des globicéphales mais l’a acquis ultérieurement.
On doit par conséquent en conclure que l’existence de la ménopause n’est pas une conséquence de l’allongement de l’espérance de vie qui ne fait que la révéler mais relève d’un déterminisme génétique qu’aucune mutation n’est parvenue à éliminer alors que l’essence même de la sélection naturelle est de favoriser génétiquement la multiplication de la descendance et la dissémination de ces gènes.
 
La ménopause aurait-elle donc une utilité ? Les lois de l’évolution semblent répondre « oui ».

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