Comment l’hypothèse des grands-mères justifie la ménopause

L’hypothèse des grands-mères est une théorie élaborée par les spécialistes pour expliquer une « anomalie » apparue au cours de l’évolution de l’espèce humaine : la menopause.
En effet, il apparaît à priori paradoxal que la sélection naturelle puisse aboutir à ce que chaque membre femelle d’une espèce porte des gènes qui étouffent sa capacité à se reproduire et à laisser derrière elle plus de descendants.

Paradoxal oui, sauf si la ménopause permettait au contraire de favoriser cette descendance. Comment ?
Justement par l’hypothèse des grands-mères qui conférerait à l’espèce humaine un avantage par rapport aux autres mammifères qui ne connaissent pas la menopause.
Les bases de l’hypothèse des grands-mères

Toute cette théorie repose sur le fait que la femme en vieillissant pourrait être davantage utile pour augmenter la propagation de ses gènes en s’occupant de ses enfants et petits enfants qu’en produisant davantage de rejetons.
Cette considération peut paraître curieuse mais en réfléchissant bien, permettre à ses descendants de parvenir plus nombreux et dans de meilleures conditions à l’âge de procréer peut, par un effet de levier, être bien plus efficace pour la dissémination des gènes que d’augmenter le nombre de sa propre descendance et procurerait ainsi une supériorité à l’espèce humaine vis à vis de son évolution.
De nombreux arguments soutiennent l’hypothèse des grands-mères
L’enfant humain dépend de ses parents beaucoup plus longtemps que dans toute autre espèce animale : en effet, l’homme utilise des instruments pour la production et la préparation de sa nourriture (alors que les chimpanzés par exemple n’ont besoin que de leurs mains) et cela suppose donc d’être en mesure d’apprendre à utiliser ces instruments.
Le développement et la survie des enfants dépendent plus de la mère que du père ce qui expliquerait qu’il existe une ménopause et pas obligatoirement d’andropause : le décès précoce de la mère mettrait en danger la vie de ses enfants.
Chaque accouchement est un facteur de risque pour les enfants précédents en raison de la survenue possible d’accidents de couches.
L’élévation de l’âge de la mère à la naissance augmente la fragilité et le risque de malformations chez les enfants
La difficulté d’estimation de l’âge des squelettes adultes à la préhistoire ne facilite pas les recherches mais il semblerait que cette hypothèse des grands-mères se vérifiait déjà.
La ménopause serait donc un avantage évolutif très ancien permettant aux femmes de s’occuper de leur descendance au moins jusqu’à lâge de pré-adultes et l’âge de la menopause aurait ensuite reculé pour s’adapter à l’augmentation de l’espérance de vie.
Des observations réalisées au sein de tribus primitives analphabètes permettraient même d’aller plus loin que cette hypothèse des grands-mères. Les ethnologues ont en effet constaté que les femmes ménopausées consacrent plus de temps à la quète de nourriture que toutes les autres (y compris celles qui n’ont pas encore enfanté) et mettent ainsi leur disponibilité, leur sagesse et leur expérience au service de la survie de la tribu toute entière .

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